L’album sort dans 2 jours, pas trop anxieux ?
Non, ça va. On a eu pas mal de pré commandes, c’est un bon
signe. On est content de notre disque, on sait qu’après on va
aller jouer ; l’album a toujours été un prétexte pour aller jouer
(rires). Ce qui nous intéresse, c’est le plaisir qu’on a à
l’écouter, ce qui n’a pas forcément été le cas sur les deux autres
albums. On est très content de celui là. C’est d’avantage de
l’excitation que de l’anxiété.
Après le succès des deux premiers albums, comment avez vous
géré cette renommée ?
Ca nous est tombé un peu par hasard. Ce qui nous intéressé
c’était de rester dans la chanson, dans la musique, de faire
profiter les gens, que ce soit les musiciens, que les gens du
public. Faut rester simple, se dire qu’on va s’accrocher, qu’on ne
va pas faire ça toute notre vie. On vit au jour le jour, on n’a
pas une idée de carriériste. On se protège pas mal, tu vois, on ne
nous voit pas trop dans les médias, on n’aime pas l’idée de
promotion quand il faut passer à une émission de télé.
Vous avez acquis cette notoriété par le bouche à oreille…
Tout à fait, on est souvent cités comme le contre exemple de
la Star Academy… On en est très fier. On est as là pour conquérir
le public. Ce qu’on veut, c’est vivre de notre musique, et là, one
est royalement servis.
Grain de sable, c’est un sentiment d’humilité ?
Disons que le disque crache pas mal. Il y a un morceau sur le
G8, un sur la Palestine, un sur les rapports entre la France et
l’Afrique. C’est une façon de dire que ce n’est pas la révolution,
mais un mode de pensée, un mode de vie,
ça reste une petite merde au milieu de tout ce bordel organisé. Il
y a aussi le fait, qu’un grain de sable peut éclater un rouage (rires).
Le nom ‘grain de sable’ vient de ATTAC (www.france.attac.org),
une association qui se bat pour faire accepter aux gouvernements
la taxe Tobin (taxe de 0.4% sur toutes les transactions
boursières ; cette taxe permettrai d’éradiquer la faim dans
le monde), et il y a une lettre qui est envoyer par mail tous les
mois qui s’appelle grain de sable.
Le son est nettement plus propre que celui de vos précédentes
productions, comment s’est passé sa réalisation ?
C’est la première fois qu’on sort de notre famille Tryo à 5,
avec Bibou derrière la console. Donc là, on a fait appel à Karim Ben Zezour qui a réalisé le
dernier album de La Rue Kétanou, il avait déjà fait les prise sur
notre deuxième album. On a pris des cours de chants avec Hélène
Bohy, qui nous a fait apprendre pas mal de choses sur la façon de
chanter à trois. Ensuite, on a confié les mixs à Dominique Ledudal (Rita Mitsouko, Thomas Ferson…)
Cet album est moins facile d’accès que les précédents…
Tryo a vieilli, on a plus 20 ans, on parle de choses plus
universels, de choses moins accès adolescents… tu vois, un gamin
de 12 ans va se retrouver à travers La Main verte, ou l’Hymne de
Nos Campagnes ; par contre sur un morceau comme Pompafric, il va
s’éclater sur la mélodie, mais il va pas forcément comprendre le
texte. Tryo est un groupe familial, c’est vrai qu’il y a beaucoup de jeunes, mais si tu recules un peu dans la salle, tu vas te rendre compte qu’il y a papa
et maman qui sont venus aussi. On fait un peu parti du paysage
chansonnier français, à l’image de Renaud. Je suis très fier de
ça.
L’album de la maturité (rires)…
… (rires) Je n’espère pas, mais c’est vrai que c’est
le meilleur album qu’on a fait jusqu’à présent.
Tout au long du disque, on a l’impression que vous avez
trouvé un style nouveau, un style qui vous est propre…
Par exemple, Si la vie m’a mis là, c’est le premier morceau
qu’on a composé tous les 4 réunis ; Manu a amené une darbouka
d’Egypte, forcément, ça fait un nouveau son, mais ça reste du
Tryo. Grain de sable ne sonne pas comme Faut qu’ils s’activent,
mais sonne comme du Tryo. Le son évolue, les voix évoluent, c’est
nouveau. Tant mieux ! Si on faisait la même chose qu’avant, il y
aurait un soucis, non seulement pour nous, mais aussi pour le
public.
Le titre ‘Sortez les’ parle du la télé poubelle, et c’est
votre premier single. Vous comptez faire un clip ?
On l’a déjà fait. Il a été tourné à Montréal avec un acteur
très connu là bas. Il passera peut être sur M6, ça va être marrant
de voir que cette chaîne, avec tous les clichés qu’elle a, va
passer une chanson comme ça.
Tu considères Tryo comme un groupe de musique ou comme un
façon de faire connaître votre message ?
C’est un groupe de chansonniers, on peut avoir l’impression,
vu les deux premiers albums, que ça a évolué sur le troisième, les
gens vont se rendre compte qu’il a des musiciens dans Tryo. Il y a
Mali et moi qui sommes les chansonniers de l’histoire, les
gratouilleurs, et puis il y a Daniel et Manu qui sont un peu le
remplissage rythmique, ou guitare, car Manu est un très bon
soliste. On fait de la musique, mais ça restera toujours de la
chanson ; le but qu’on se fixe autour d’un titre, c’est de porter
les textes, la musique est là pour enrichir le texte.
Pourquoi avoir choisi Clermont comme ouverture de votre
tournée ?
Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que le directeur
de cette salle était le directeur d’une salle qui s’appelait Le
Plan Rock dans la banlieue parisienne. On avait déjà collaboré
avec lui sur des concerts de Tryo. C’est un mec qui se bouge, qui
fait de la réinsertion. Il est à l’écoute de la musique actuelle.
Et puis la salle, elle est magnifique. Avec notre décor, il nous
fallait une salle de cette qualité. On a fait une résidence ici
pendant 10 jours pour répéter notre spectacle. L’accueil a été
excellent. Bon par contre, Clermont pue un peu le pneu (rires).
Vous avez joués plusieurs fois à Clermont, comment trouves-tu
le public clermontois ?
L’accueil a toujours été radieux. Ce soir c’est complet, le
public a la chance, ou la mal chance d’avoir la première, le
disque n’est pas sorti, on va voir comment ça va se passer.
Est-ce qu’il diffère de celui d’autres villes ?
Chaque public est différent, celui de Clermont est très
attentif, alors que celui du Nord, par exemple, est plus à donf,
il va slammer. Mais celui de Clermont est très généreux !
Tu connais des groupes ici ?
Il y a
Géraud, l’ex chanteur des Barons du Délire qui fait notre première
partie ce soir. Je connais aussi Kafka, Manu connaît très bien le
batteur, ils ont jammés hier, et j’ai écouté leur 2 titres, et
j’ai trouvé ça très très bien. Je pense que si Géraud n’avait pas
faire la première partie, ça aurait été