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 Interviews : Tryo
         
  Interview  
 
  Groupe Tryo  
  Membre(s) Guizmo  
 

Tryo restera toujours Tryo (quoiqu’en disent les mauvaises langues). Leur nouvel album, sorti le 2 juin, et promis à un succès mérité, aborde d’avantage de sujets sérieux. Mais le groupe n’a pas perdu son sens de l’humour. Rencontre avec Guizmo à la Coopérative, 2 jours avant la sortie de Grain de Sable.

 

 
   
   
   
   
       
 
 
 

L’album sort dans 2 jours, pas trop anxieux ?
Non, ça va. On a eu pas mal de pré commandes, c’est un bon signe. On est content de notre disque, on sait qu’après on va aller jouer ; l’album a toujours été un prétexte pour aller jouer (rires). Ce qui nous intéresse, c’est le plaisir qu’on a à l’écouter, ce qui n’a pas forcément été le cas sur les deux autres albums. On est très content de celui là. C’est d’avantage de l’excitation que de l’anxiété.

Après le succès des deux premiers albums, comment avez vous géré cette renommée ?
Ca nous est tombé un peu par hasard. Ce qui nous intéressé c’était de rester dans la chanson, dans la musique, de faire profiter les gens, que ce soit les musiciens, que les gens du public. Faut rester simple, se dire qu’on va s’accrocher, qu’on ne va pas faire ça toute notre vie. On vit au jour le jour, on n’a pas une idée de carriériste. On se protège pas mal, tu vois, on ne nous voit pas trop dans les médias, on n’aime pas l’idée de promotion quand il faut passer à une émission de télé.

Vous avez acquis cette notoriété par le bouche à oreille…
Tout à fait, on est souvent cités comme le contre exemple de la Star Academy… On en est très fier. On est as là pour conquérir le public. Ce qu’on veut, c’est vivre de notre musique, et là, one est royalement servis.

Grain de sable, c’est un sentiment d’humilité ?
Disons que le disque crache pas mal. Il y a un morceau sur le G8, un sur la Palestine, un sur les rapports entre la France et l’Afrique. C’est une façon de dire que ce n’est pas la révolution, mais un mode de pensée, un mode de vie, ça reste une petite merde au milieu de tout ce bordel organisé. Il y a aussi le fait, qu’un grain de sable peut éclater un rouage (rires). Le nom ‘grain de sable’ vient de ATTAC (www.france.attac.org), une association qui se bat pour faire accepter aux gouvernements la taxe Tobin (taxe de 0.4% sur toutes les transactions boursières ; cette taxe permettrai d’éradiquer la faim dans le monde), et il y a une lettre qui est envoyer par mail tous les mois qui s’appelle grain de sable.

Le son est nettement plus propre que celui de vos précédentes productions, comment s’est passé sa réalisation ?
C’est la première fois qu’on sort de notre famille Tryo à 5, avec Bibou derrière la console. Donc là, on a fait appel à Karim Ben Zezour qui a réalisé le dernier album de La Rue Kétanou, il avait déjà fait les prise sur notre deuxième album. On a pris des cours de chants avec Hélène Bohy, qui nous a fait apprendre pas mal de choses sur la façon de chanter à trois. Ensuite, on a confié les mixs à Dominique Ledudal (Rita Mitsouko, Thomas Ferson…)

Cet album est moins facile d’accès que les précédents…
Tryo a vieilli, on a plus 20 ans, on parle de choses plus universels, de choses moins accès adolescents… tu vois, un gamin de 12 ans va se retrouver à travers La Main verte, ou l’Hymne de Nos Campagnes ; par contre sur un morceau comme Pompafric, il va s’éclater sur la mélodie, mais il va pas forcément comprendre le texte. Tryo est un groupe familial, c’est vrai qu’il y a beaucoup de jeunes, mais si tu recules un peu dans la salle, tu vas te rendre compte qu’il y a papa et maman qui sont venus aussi. On fait un peu parti du paysage chansonnier français, à l’image de Renaud. Je suis très fier de ça.

L’album de la maturité (rires)…
… (rires) Je n’espère pas, mais c’est vrai que c’est le meilleur album qu’on a fait jusqu’à présent.

Tout au long du disque, on a l’impression que vous avez trouvé un style nouveau, un style qui vous est propre…
Par exemple, Si la vie m’a mis là, c’est le premier morceau qu’on a composé tous les 4 réunis ; Manu a amené une darbouka d’Egypte, forcément, ça fait un nouveau son, mais ça reste du Tryo. Grain de sable ne sonne pas comme Faut qu’ils s’activent, mais sonne comme du Tryo. Le son évolue, les voix évoluent, c’est nouveau. Tant mieux ! Si on faisait la même chose qu’avant, il y aurait un soucis, non seulement pour nous, mais aussi pour le public.

Le titre ‘Sortez les’ parle du la télé poubelle, et c’est votre premier single. Vous comptez faire un clip ?
On l’a déjà fait. Il a été tourné à Montréal avec un acteur très connu là bas. Il passera peut être sur M6, ça va être marrant de voir que cette chaîne, avec tous les clichés qu’elle a, va passer une chanson comme ça.

Tu considères Tryo comme un groupe de musique ou comme un façon de faire connaître votre message ?
C’est un groupe de chansonniers, on peut avoir l’impression, vu les deux premiers albums, que ça a évolué sur le troisième, les gens vont se rendre compte qu’il a des musiciens dans Tryo. Il y a Mali et moi qui sommes les chansonniers de l’histoire, les gratouilleurs, et puis il y a Daniel et Manu qui sont un peu le remplissage rythmique, ou guitare, car Manu est un très bon soliste. On fait de la musique, mais ça restera toujours de la chanson ; le but qu’on se fixe autour d’un titre, c’est de porter les textes, la musique est là pour enrichir le texte.

Pourquoi avoir choisi Clermont comme ouverture de votre tournée ?
Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que le directeur de cette salle était le directeur d’une salle qui s’appelait Le Plan Rock dans la banlieue parisienne. On avait déjà collaboré avec lui sur des concerts de Tryo. C’est un mec qui se bouge, qui fait de la réinsertion. Il est à l’écoute de la musique actuelle. Et puis la salle, elle est magnifique. Avec notre décor, il nous fallait une salle de cette qualité. On a fait une résidence ici pendant 10 jours pour répéter notre spectacle. L’accueil a été excellent. Bon par contre, Clermont pue un peu le pneu (rires).

Vous avez joués plusieurs fois à Clermont, comment trouves-tu le public clermontois ?
L’accueil a toujours été radieux. Ce soir c’est complet, le public a la chance, ou la mal chance d’avoir la première, le disque n’est pas sorti, on va voir comment ça va se passer.

Est-ce qu’il diffère de celui d’autres villes ?
Chaque public est différent, celui de Clermont est très attentif, alors que celui du Nord, par exemple, est plus à donf, il va slammer. Mais celui de Clermont est très généreux !

Tu connais des groupes ici ?
Il y a Géraud, l’ex chanteur des Barons du Délire qui fait notre première partie ce soir. Je connais aussi Kafka, Manu connaît très bien le batteur, ils ont jammés hier, et j’ai écouté leur 2 titres, et j’ai trouvé ça très très bien. Je pense que si Géraud n’avait pas faire la première partie, ça aurait été

Julien

 
 
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